Carnet web de Charles Népote. Expérimentations, usages, développements, et prospective du web.
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Dans la lignée de mon précédent article sur la consommation électrique, j'ai découvert un objet formidable et terrible -- j'en veux un ! --, m'incitant encore à consommer plus pour consommer moins. (Très développement durable, non ? Tiens, il faudra bien que j'écrive ce fichu billet sur la mode des oxymores, la novlangue positiviste, les débuts du totalitarisme et la schyzophrénie conséquente...)
Cet objet est une multiprise coupe-veille, tout à la fois belle et bien pensée. Elle permet tout d'abord de rendre visible la consommation de courant : les prises "en fonction" sont identifiées par une lumière bleue. Elle permet ensuite d'agir simplement sur cette consommation, en intégrant, pour chaque prise, un interrupteur discret et particulièrement accessible. Peut-être l'objet gagnerait-il encore en efficacité si le témoin lumineux pouvait varier d'intensité, voir de couleur, selon l'importance de la consommation ?
Disons le enfin, cet appareil n'est pas en vente -- repoussant encore pour quelques temps mes interrogations introductives. Je pense que ce genre d'objet innovant va faire des petits et connaître un grand succès ces prochaines années.
Évidemment, on peut regretter que ce coupe-veille n'est finalement qu'un vecteur de consommation pour en éviter un autre ; on tourne en rond et le problème de veille des appareils n'est pas pris à la racine -- la conception même des appareils. (Le problème même de la consommation, dont je parlais dans mon précédent billet, n'est donc toujours pas éludé.)
Mais il faut peut-être voir un certain espoir dans l'idée qui soutient cet appareil : rendre visible, rendre sensible notre consommation électrique et, par la même, mieux prendre conscience des impacts de nos gestes sur l'environnement. On en n'est certes pas encore à des compteurs de CO2, mais l'idée a sans doute besoin de faire son chemin.
Je ne résiste pas au plaisir de citer à nouveau Jean-Philippe Pierron, dans Les nouvelles noces de l'Homme et de la Terre (Études, avril 2007) : le rapport technologique à la nature est tellement médiatisé, que nous ne savons littéralement pas ce que nous faisons, au sens fort, puisque nous ne le sentons pas (qui ressent directement le lien de cause à effet entre l'usage de son automobile, l'émission de gaz à effet de serre et les dérèglements climatiques ?)
Commentaires
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