Carnet web de Charles Népote. Expérimentations, usages, développements, et prospective du web.
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Je suis depuis quelques jours le possesseur horrifié d'un wattmètre. Cet appareil, d'une trentaine d'euros, fort bien conçu, mesure une foule de choses dont la tension électrique, la puissance d'un appareil, sa consommation, etc. Après quelques minutes de paramétrage, il peut même calculer directement le coût de consommation en euros d'un appareil, en tenant compte des heures pleines et des heures creuses.
Si je suis tout à la fois horrifié et plein d'enthousiasme, c'est qu'une première batterie de mesures me permet d'observer que plus de 15% de ma consommation d'énergie électrique annuelle l'est par des appareils en veille. 15%, dans un contexte où nous nous chauffons également en électrique, c'est un chiffre très élevé. Dans un rapport un peu simpliste, ramené à la production française d'électricité (19 centrales nucléaires fournissant 80% de l'électricité) c'est donc environ l'équivalent de 2 centrales nucléaires.
1. Tout d'abord, certains appareils sont conçus de telle manière qu'il n'est pas possible de couper leur alimentation autrement qu'en débranchant leur prise. Ils connaissent généralement 2 modes de fonctionnement : en marche et en veille, la veille étant bien sûr consommatrice de courant. Je citerai un seul exemple, actuellement le plus mauvais élève de mes appareils, la Freebox HD qui consomme pas moins de 23 Watts en veille.
2. Plus pernicieux, certains appareils possèdent bien un bouton d'arrêt, en plus du mode veille, mais qui néanmoins consomme dans cette position arrêtée. Mon écran Acer 99sl, par exemple, pourtant bardé de logo "green" et tutti quanti, consomme respectivement :
Négligence, incompétence énergétique ou désir de tromper le client à travers un artifice ergonomique ?
3. D'autres enfin, très proche de la première catégorie, ont un interrupteur de marche/arrêt qui coupe réellement l'alimentation... mais placé à un endroit tellement saugrenu qu'il est en pratique inutilisable. J'en veut pour preuve notre imprimante Samsung ML-1610 (et oui je balance encore), dont le bouton placé à l'arrière est inaccessible dans notre configuration de bureau... (et c'est encore 21 Watts de consommation en veille -- contre 6 annoncés !).
Nous voyons donc dans cette affaire deux problèmes distincts (qui peuvent se cumuler) :
Dans les deux cas, le coût écologique de ses appareils est reporté sur l'ensemble de la société. Quand on connaît le surcoût dérisoire d'un (véritable) interrupteur sur un appareil de quelques centaines d'euros, plusieurs questions me viennent à l'esprit. Les causes mêmes de cet état de faits ne me paraissent pas tranchées : incompétence ? négligence ? appât du gain ? pire : inconscience ? Car enfin, qu'en est-il réellement de la soit-disante prise de conscience de l'écologie ? Il est plutôt probable que cette prise de conscience soit extrêmement lente :
Que peut-on donc faire ? Faudra-t-il un jour taxer les défauts énergétiques et ergonomiques ?
Dans une attente plus qu'incertaine, je crois tout d'abord à un certains pouvoir du consommateur. (Le web pourrait de surcroît permettre à des consommateurs de conjuguer leurs efforts d'information et d'action.)
Enfin, je crois aussi qu'à un moment ou un autre, que l'on soit un individu, une organisation, une nation voire même l'espèce humaine dans son ensemble, on ne pourra pas faire l'économie de la question même de la consommation.
rn7.net